Pris pour acquis, le pneu est pourtant l’élément qui nous tient sur la route. Alors nous pensons qu’il devrait y avoir de nombreuses révolutions régulièrement afin de les améliorer.

Mais non: le pneu tel qu’on le connaît existe depuis les années 50. Aucune révolution ne s’est passée entre temps.

C’est normal: pourquoi changer une formule gagnante? En effet, la demande de pneus croît d’année en année, approximativement 100 millions en deux ans. Ainsi, on estime une augmentation de 4,1% de la demande mondiale, soit la production de 3 milliards d’unités pour 2019.

Si vous préférez, cela équivaut à une somme totale de 258 milliards de dollars.

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Avec de tels montants en jeu, Michelin a joué d’audace. En 2005, la compagnie française a concocté la TWEEL – mot-valise pour tire et wheel – comme révolution du pneu. Certes, plusieurs nouvelles technologies ont perfectionné la durabilité ainsi que la qualité des pneus ces dernières années, telles que les pneus à faible résistance ou les fameux « run-flat »…

… mais la TWEEL, c’est autre chose: dites au revoir au gonflage de pneus!

Officiellement présentée au marché depuis déjà six ans, la technologie se base sur un principe similaire au vélo. En fait, il s’agit de remplacer les rayons de métal par des rayons en polyuréthane, le flanc de métal par une fine bande (la nappe carcasse dans le jargon) et finalement une bande de roulement sur le dessus.

La roue tient en place grâce à la tension entre la fine bande et les rayons en polyuréthane. La force de ses derniers remplace l’air mis dans nos pneus conventionnels (aussi appelés radiaux).

Sur route, les rayons absorbent les imperfections de la chaussée, déformant la nappe carcasse pour ensuite reprendre sa position initiale.

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Naturellement, les rayons du pneu peuvent être ajustés afin de permettre diverses configurations. Pour le confort, nous pouvons ajuster la force des rayons de manière à ce qu’ils soient moins raides. À l’inverse, pour une conduite plus sportive, il suffit de mettre les rayons plus durs.

La TWEEL de Michelin propose plusieurs avantages qui ne sont pas à négliger. Tout d’abord, et c’est assez évident, elle n’éclatera jamais. Un propos assez intéressant pour les militaires, qui ne souhaitent pas changer un pneu en plein champ de bataille!

Parallèlement, il n’y aura jamais de changement dans la pression du pneu, alors que dans un pneu avec chambre à air, ces variations influent négativement sur les performances routières, de même que sur la consommation en carburant.

Malgré tout, la TWEEL n’est pas sans faille. Au dessus de 50 m/h (80,5 km/h), elle vibre beaucoup. Au point que le nombre de décibels est bien plus élevé que la normale. De même, le pneu dégage beaucoup de chaleur à des vitesses plus élevées. Ceci est dû à «l’épaisseur» des bandes qui est nettement moindre qu’un pneu radial.

C’est un beau projet tout ça mais, allons-nous bientôt voir la TWEEL de Michelin sur nos tablettes de magasin? Difficile à dire, puisque les usines auraient alors une quantité industrielle de changements à faire dans les procédures de fabrication (machinage, nouveaux matériaux, programmation des logiciels, etc.).

Cela dit, Michelin vend déjà la TWEEL pour les produits agricoles, les véhicules de construction, ainsi que pour les produits récréatifs tels que les VTT et les «côte-à-côte».

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Plusieurs autres entreprises et constructeurs se sont prêtés au jeu. Bridgestone a sa propre version de la TWEEL (nommée tout simplement Airless Tire), mais seulement pour les vélos pour l’instant.

Plus audacieux encore est le pneu qui «respire» de Goodyear,comme Autofocus vous le rapportait en mars dernier ou…

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… tant qu’à y être, ceux que la NASA est en train de développer: des pneus en titane pratiquement indestructibles! (Photo ci-dessus).

Gageons que l’industrie s’apprête à changer.