Le malheur des uns fait parfois le bonheur des autres, dit le vieil adage. Les annonces simultanées du départ de Car2Go de Toronto et d’Autolib’ à Paris pave la voie à une expansion importante de Communauto dans ces deux villes.

«La Ville de Toronto a approuvé le projet pilote que nous leur avons soumis dernièrement, confirme Marco Viviani, vice-président développement stratégique chez Communauto. L’idée est de commencer avec quelques centaines de véhicules, et d’y aller progressivement. Car y a de la place pour de la croissance dans la Ville Reine.»

Rappelons que Car2Go a cessé ses activités à Toronto le 31 mai dernier à cause d’un différend avec les autorités municipales au sujet de l’encadrement de ses services. Elle y disposait de 350 Smart Fortwo. Communauto va déployer le même nombre de véhicules, vraisemblablement les habituelles hybrides Prius-C.

Pour le moment, Communauto n’envisage que le service free floating (ou flux libre), c’est-à-dire l’équivalent de son service Auto-mobile: vous localisez et réservez une voiture grâce à l’application, qui est stationnée dans une rue résidentielle, vous ouvrez la porte avec votre carte d’autobus, vous vous rendez à destination et abandonnez le véhicule dans une autre zone résidentielle couverte par le service et où le stationnement est autorisé pour ce type de véhicule (par une vignette spéciale).

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S’il ne se réjouit pas de la déconfiture d’un compétiteur, une situation tout de même dramatique car des emplois sont en jeu, la fin d’Autolib’, annoncée le 21 juin, offre toutefois une belle opportunité de croissance pour Communauto, qui y opère, depuis 2012, une flotte de 150 véhicules: des Toyota, des Citroën C4 et quelques Mercedes en voie de liquidation.

Communauto est le leader de son marché dans la Ville Lumière, devant de plus petits opérateurs (Zipcar et Ubeeqo). «C’est évident qu’avec 150 unités, c’est peu pour Paris, confirme M. Viviani. Mais notre développement était bloqué, car Autolib’ disposait d’un monopole, et ce monopole vient d’éclater.»

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La filiale parisienne compte tout de même une associée prestigieuse, la Régie autonome des transports parisiens (RATP), qui gère les transports en commun dans la capitale. Le Groupe PSA est également actionnaire de la maison-mère de Communauto depuis septembre 2016, dans une proportion qui n’a pas été divulguée. Groupe PSA chapeaute Peugeot, Citröen et DS.

Autofocus.ca a appris que les gens de Communauto ont rencontré les adjoints en transport et urbanisme de la mairesse de Paris, Anne Hidalgo, il y a environ deux semaines, pour discuter d’avenir. L’administration Hidalgo n’envisagerait plus d’instaurer un appel d’offres qui mènerait à un service en monopole, afin de privilégier un marché ouvert à la concurrence.

Mais la réglementation reste à instaurer. Et le modèle de Communauto est tributaire des 2000 places de stationnement accordées à Bolloré, la firme qui opérait Autolib’. C’est une condition essentielle de succès, car le stationnement sur rue est extrêmement compliqué à Paris, surtout intra-muros (dans les arrondissements situés à l’intérieur du boulevard périphérique).

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Pour M. Viviani, il est difficilement envisageable de remplacer les 4000 Autolib’ actuelles, un nombre qu’il juge exagéré vis-à-vis de la demande. «En implanter environ 2000, en quelques années, serait plus réaliste», dit-il.

Le service permettrait donc de réserver une voiture stationnée à une place désignée, desservie par une borne de recharge, grâce à l’application de son téléphone, et de filer vers une autre place, située tout près de sa destination finale, qu’on rejoint à pied ou par le transport en commun.

Fondée en 1994, Communauto dispose actuellement d’une flotte de plus de 2000 véhicules et offre le service à Montréal, Laval, Longueuil, Québec, Ottawa, Gatineau, Sherbrooke, Halifax, Kinston et Paris.