En vigueur ce 30 juin, ces nouvelles mesures plus sévères étaient pourtant annoncées avec la refonte du Code de la sécurité routière, que le gouvernement a adoptée en avril dernier.

Qu’en est-il désormais? Dès la première infraction, l’amende minimale est de 300$. En cas de récidive sur une période de deux ans, ce montant double et s’accompagne d’une suspension automatique du permis de conduire: trois jours à la seconde infraction, sept jours lors d’une troisième et 30 jours pour les cas subséquents.

À ces dures pénalités, s’ajoutent maintenant l’inscription de cinq points d’inaptitude au dossier du conducteur, soit un point de plus qu’auparavant.

En instaurant la suspension du permis sur le champ dès la deuxième prise, les autorités ont voulu créer un puissant effet dissuasif et envoyer un message clair quant aux risques liés à l’utilisation d’appareils portatifs au volant.

Tout le monde était déjà bien au courant que l’utilisation manuelle d’un téléphone portable était interdite tout en conduisant. Mais la réglementation parlait jusqu’ici simplement d’un appareil muni d’une fonction téléphonique. Rappelez-vous donc que, pour parler ou composer un numéro au téléphone cellulaire, seule la commande vocale est permise… à moins que ce ne soit pour appeler au 911 en situation d’urgence. Évidemment, les policiers et les conducteurs d’un véhicule d’urgence, dans l’exercice de leurs fonctions, sont exemptés de cette interdiction.

Cela dit, les nouvelles règles visent maintenant plus large – soit «tout appareil portatif conçu pour transmettre ou recevoir des informations ou pour être utilisé à des fins de divertissement», ce qui comprend les iPod, iPad et autres gadgets électroniques du genre.

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De même, l’usage d’écrans d’affichage est prohibé, mais certaines exceptions bien compréhensibles sont prévues.

Ainsi, l’écran de votre ordinateur de bord, un équipement fixe et intégré au véhicule, n’est pas concerné par cette mesure. Même chose pour un GPS ou tout autre appareil servant à obtenir de l’information «pertinente à la conduite».

Néanmoins, ces équipements doivent être conçus et positionnés de façon à ce que le conducteur puisse les faire fonctionner et les consulter aisément, sans que sa vue soit obstruée.

Les conducteurs de taxis et de véhicules de livraison de colis (genre FedEx) pourront par ailleurs continuer à utiliser des écrans pour gérer des messages et facturer les clients. L’écran d’affichage utilisé dans le cadre des activités d’une entreprise d’utilité publique ou de télécommunication, comme Hydro-Québec, reste également permis.

Notez que ces nouvelles restrictions s’adressent tout autant aux cyclistes ainsi qu’aux personnes (de plus en plus nombreuses) qui utilisent un véhicule d’aide à la mobilité. Dans le premier cas, la fourchette des amendes est de 80 $ à 100 $ et, dans le second, de 30 $ à 60 $. En outre, il est interdit à ces deux types d’usagers de la route de porter des écouteurs, alors que dans le cas d’un véhicule routier, le conducteur est autorisé à en porter un à une seule oreille.

Ces nouvelles règles visent à limiter la distraction au volant, qui constituait le principal facteur de décès sur les routes québécoises l’an dernier, particulièrement chez les jeunes. Elles sont bien sûr abordées dans les cours de conduite.

« Pendant deux heures, on ne parle que de ça ! », affirme Mylène Sévigny, directrice générale du Groupe Tecnic, pour qui les textos au volant sont un véritable fléau. « Et ça ne concerne pas que les jeunes », ajoute-t-elle.

Bien sûr, les conséquences pénales et financières sont maintenant encore plus élevées pour les contrevenants. « Mais on va au-delà du risque d’avoir un ticket », précise la directrice de Tecnic. « Nos élèves prennent bien conscience des risques d’avoir un accident, d’être blessé et, il faut bien le dire, de mourir ».

Vous voulez des conseils pour mieux faire face aux distractions liées aux appareils électroniques dans la voiture? Consultez cette page de la Fondation CAA-Québec. Vous y trouverez même les résultats d’une étude sur les systèmes d’info-divertissement de 26 modèles de véhicules et les distractions qu’ils engendrent.

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