L’été dernier, sur les routes du Québec, on a dénombré 92 victimes, soit plus du quart des 359 décès enregistrés pour l’ensemble de l’année – et cela, en deux mois à peine. Un triste résultat de 88 accidents, soit 27 % des collisions mortelles de 2017 pour une période ne correspondant qu’à 20% de l’année.

Pourtant la neige, la glace et le verglas, des facteurs qui accentuent les risques de la conduite automobile, sont plutôt rares en juillet et août… Alors, comment expliquer ce tragique bilan routier estival?

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les distractions, la vitesse et la fatigue au volant se démarquent davantage que l’alcool comme causes d’accidents durant cette période. C’est pourquoi, dans l’espoir que le bilan de 2018 soit moins funeste que celui de l’an dernier, la Fondation CAA-Québec propose de s’attaquer à ce trio de causes de tragédies. Voici ses conseils.

Pour la première fois, la distraction au volant est d’ailleurs devenue en 2017 la première cause de décès sur les routes, selon la Société de l’assurance automobile du Québec. «Que ce soit le cellulaire, l’ordinateur de bord, la nourriture ou même un passager, peu importe: la distraction ne fait pas de distinction et le risque d’accident est bien réel», rappelle Marco Harrison, directeur de la Fondation CAA-Québec.

Tout le monde est aujourd’hui conscient que l’utilisation manuelle du téléphone portable pour parler ou texter au volant est à proscrire. D’ailleurs, les nouvelles et sévères restrictions du Code de la sécurité routière à cet égard entreront en vigueur samedi prochain, le 30 juin.

Mais il ne faut pas oublier l’ordinateur de bord de votre voiture, dont l’utilisation peut facilement vous distraire de ce qui se passe sur la route devant vous. La Fondation CAA-Québec propose donc quelques astuces pour diminuer les risques.

  • Bien comprendre le fonctionnement du système pour pouvoir s’en servir de façon intuitive
  • Programmer le système AVANT le départ : préparer votre liste de lecture, entrer la destination dans le GPS, etc.
  • Associer votre appareil mobile afin d’utiliser les systèmes CarPlay d’Apple ou Android Auto, ou simplement pour écouter de la musique

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Par ailleurs, la vitesse excessive constitue un élément déterminant lors de tragédies routières, particulièrement celles impliquant des jeunes conducteurs. À cet égard, voici quelques faits qui portent à réfléchir:

  • À 100 km/h, le champ de vision du conducteur est réduit de 50%
  • Un impact à 50 km/h équivaut à une chute de quatre étages. Et une collision à 100 km, c’est comme tomber de 14 étages
  • Sur une distance de 20 km, rouler à 110 km/h au lieu de 90 km/h fait gagner à peine deux minutes.

La fatigue au volant est un autre phénomène qui contribue à la surreprésentation des jeunes dans le triste bilan routier estival. On ne peut pas « refuser » la fatigue: c’est le corps qui décide. Encore là, quelques faits et conseils:

  • Passer 24 heures sans dormir est l’équivalent d’un taux d’alcoolémie de 0,10
  • Un accident mortel sur cinq a lieu pendant la nuit
  • Ouvrir les fenêtres ou boire une boisson énergisante ne sert pas à grand-chose
  • Prendre une pause est la seule option: un arrêt de 15 ou 30 minutes peut faire toute la différence, mais dans certains cas, il faudra simplement renoncer à prendre le volant.

Selon la Fondation CAA-Québec, les nouvelles restrictions sur le nombre de passagers que les conducteurs de 19 ans et moins (avec permis probatoire) peuvent transporter la nuit devraient contribuer à éviter des drames. Des mesures du genre ont eu des effets très positifs sur le bilan routier chez les jeunes en Ontario.

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