Le phénomène des «certifiés» a pris de l’ampleur à la dernière décennie, passant d’une niche auparavant occupée par les concessionnaires de luxe en se démocratisant jusque chez les marchands de véhicules d’occasion traditionnels. Afin de fidéliser une précieuse clientèle, à peu près tous les constructeurs automobiles ont mis sur pied des programmes spécifiques, croyant à la valeur de ce segment de l’industrie. Après tout, dit George Iny, président de l’Association pour la protection des automobilistes (APA), l’occasion est belle pour tirer profit de la deuxième et même de la troisième vente de ces véhicules, permises par la durabilité sans cesse croissante de ceux-ci.

La différence de prix d’un de ces véhicules « certifiés » récents par rapport à un autre trouvé dans le marché de l’occasion conventionnel s’élève à plusieurs milliers de dollars, mais pour faire avaler cette pilule monétaire, les vendeurs comptent dans leur manche plusieurs atouts.

Il y a d’abord l’avantage de faire affaire dans un commerce de la marque du véhicule qui nous intéresse, et avec des vendeurs qui sont sensés connaître parfaitement leurs produits. Certains diront que l’édifice, de même que le département de service après-vente, sont d’un aspect plus agréable que ne le sont certains commerces du domaine de l’occasion.

De même, la plupart des constructeurs vantent leur souci à vérifier plus d’une centaine de composantes mécaniques et électroniques, de même qu’à remettre à niveau, s’il y a lieu, ce qui ne fonctionne pas.

Aussi, ces véhicules à l’usure modérée sont vendus avec une garantie qui sera honorée dans tous les commerces de la marque au pays. Enfin, il est habituellement possible d’obtenir des plans de financement ou de location à faible taux d’intérêt comparables à ceux offerts pour un véhicule neuf.

Plusieurs manufacturiers tentent de rassurer leurs clients à l’idée de se procurer un véhicule d’occasion en offrant la possibilité d’essayer celui-ci durant quelques jours, pour ensuite pouvoir le ramener pour l’échanger sans frais. Évidemment, plusieurs conditions s’appliquent, dont l’obligation de le ramener en parfait état et de ne pas parcourir plus d’un certain nombre de kilomètres.

La plupart des marques bonifient leur offre d’un programme d’assistance routière pour véhicules certifiés, souvent comparable à ce qu’un consommateur peut obtenir pour un véhicule neuf ou en se procurant un abonnement auprès du CAA-Québec.

Autant le président de l’APA considère que la démocratisation de ces programmes de certification est une bonne chose pour les automobilistes, autant il rappelle de demeurer sur ses gardes. Une voiture d’occasion reste une voiture d’occasion et, donc, l’essai routier, de même que l’inspection mécanique effectuée par un garagiste de confiance, sont de mise.

«Les petits trucs d’entretien comme la vérification des fluides et l’esthétique, ce n’est pas ce qui compte, dit George iny. Il faut s’attarder à la structure du véhicule, aux éléments qui comptent réellement. Et malheureusement, c’est rarement ce que font les gens».

Aussi, il faut savoir que ce ne sont pas les constructeurs qui vérifient et certifient ces véhicules, mais bien leurs concessionnaires. « Il n’y a pas toujours de suivi de la part des constructeurs et tous font pas un bon travail de police parmi leurs marchands, dit M. Iny. Dans les faits, vous êtes à la merci de votre commerçant, ».

En outre, si les garanties offertes s’étendent souvent jusqu’à 160 000 kilomètres, il faut s’attarder à ce qu’ils comprennent. Souvent, la liste des composantes qui en sont exclues est plus longue que ce qui est réellement couvert.

Un achat réfléchi après une bonne nuit de réflexion, une inspection, un essai routier et la lecture des documents liés au financement et à la garantie devraient aller de soi. Vous pensez avoir déniché la perle rare? C’est fort possible, mais avant de vous laissez emporter par l’émotion, faites les vérifications d’usage, comme pour n’importe quelle autre voiture d’occasion, avant de signer quoi que ce soit.