Voilà le résultat de l’accord à l’amiable intervenu avec Tesla à la suite de la très sérieuse plainte logée vendredi contre Elon Musk par la Securities and Exchange Commission (SEC), l’organisme de surveillance des marchés financiers américains.

Dans les faits, Elon Musk ne siègera plus au conseil d’administration pour au moins trois ans. Et afin d’assurer un meilleur contrôle de ses déclarations intempestives, la SEC délèguera au conseil deux directeurs indépendants, dont un assumera la présidence.

Au départ, le gendarme américain des marchés financiers réclamait que l’homme d’affaires de 47 ans ne puisse plus jamais diriger un groupe coté en Bourse. Non seulement l’accord intervenu est finalement moins sévère, mais Elon Musk peut continuer de gérer au quotidien les opérations de l’entreprise à titre de directeur.

En revanche, l’entente comporte le versement, par Elon Musk et par Tesla, d’une amende de 20$US millions chacun – soit l’équivalent du prix d’acquisition moyen d’un millier de Tesla Model 3. Selon le président de la SEC, Walter Joseph Clayton, cet accord à l’amiable « est dans l’intérêt supérieur de nos marchés et de nos investisseurs, y compris les actionnaires de Tesla ».

La SEC a accusé vendredi le célèbre milliardaire d’avoir trompé les investisseurs de Tesla en annonçant, au début d’août, son intention de retirer l’entreprise de la Bourse lorsque la valeur de l’action atteindrait 420 $ et en soutenant que le financement de 51 milliards $ nécessaire à cette privatisation était déjà «sécurisé».

Fidèle à son habitude, qui n’est pas sans rappeler celle d’un certain président (!), Musk avait publié sa surprenante intention sur Twitter au début d’août, déclenchant une vague de spéculations. Quand on sait que son compte est suivi par 22 millions de personnes, on imagine à quelle vitesse l’information a été relayée…

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Le constructeur californien Tesla, dont Elon Musk détient toujours 22 % des parts, a généré un engouement extraordinaire dans le monde de l’automobile ces dernières années, en raison des innovations offertes par ses luxueuses et sportives voitures électriques.

Après avoir connu de graves retards de production, l’entreprise produirait quelque 5000 voitures par semaine depuis le début de l’été. Mais, effet pervers de cette popularité, elle connaîtrait de sérieux retards de livraison.

Depuis qu’elle est cotée en bourse, c’est-à-dire depuis huit ans, Tesla n’a jamais déclaré de bénéfices, même si sa valeur boursière approche celles des grands constructeurs comme Ford et GM.

Dans ce contexte, on comprend que les déboires actuels de la haute direction de Tesla peuvent susciter des inquiétudes. Non seulement chez les investisseurs, mais aussi pour les acheteurs de Tesla qui doivent réserver leur coûteux bolide longtemps d’avance, verser un acompte substantiel… et attendre une livraison sans cesse reportée.